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Prendre des notes factuelles en entretien

Une semaine après l'entretien, il reste une impression générale et peu de détails. Des notes factuelles évitent ce piège : elles gardent ce que le candidat a réellement dit ou fait, et laissent le jugement pour le moment où l'on note les critères. Voici une méthode simple, et la manière dont Candidia la prolonge.

1. Noter ce qui a été dit ou fait

Une note utile décrit un comportement observable : une réponse, un raisonnement, un choix dans un exercice, une question posée par le candidat. « A expliqué pourquoi il a choisi un index composite plutôt que deux index simples » se relit et se vérifie ; « semble solide » non. Quand c'est possible, gardez un exemple précis : il servira à justifier la note, et à convaincre un collègue au moment du débrief.

2. Séparer le fait de l'interprétation

Le fait est ce que vous avez vu ou entendu ; l'interprétation est ce que vous en concluez. Les deux ont leur place, mais pas mélangées : écrivez d'abord le fait, puis, si besoin, votre lecture, clairement marquée comme telle. Cette discipline limite les biais de recrutement : une impression de départ, bonne ou mauvaise, colore tout le reste quand on ne distingue plus ce qui a été observé.

Du ressenti au fait observable
Note à éviterNote factuelle
Très à l'aise, sûr de lui.A répondu sans hésiter sur les transactions ; a reconnu ne pas connaître les index composites.
Pas très motivé.N'a posé aucune question sur l'équipe ni sur le poste.
Bon feeling.A reformulé la question avant d'y répondre et a donné deux exemples de projets.

3. Écrire pendant ou juste après

La mémoire déforme vite. Notez pendant l'entretien des mots-clés et des phrases courtes, sans que cela vous empêche d'écouter, puis complétez juste après, avant l'entretien suivant. Dans Candidia, les notes d'une phase sont enregistrées dans la phase : il y en a une par personne, signée de son auteur et visible de toutes les personnes qui lisent cette phase. Chacun ne modifie que la sienne (l'administrateur du compte peut toutefois corriger celle d'un collègue).

Exemple de note de phase
AuteurNote
Marc DelaunayBonne maîtrise d'EF Core, à approfondir : les index composites. Question prévue sur les performances en fin d'entretien.

4. Écarter ce qui n'a rien à faire dans une note

Une note ne doit contenir que ce qui sert à évaluer les compétences du poste. Évitez toute mention de l'âge, de la santé, de la vie privée ou de l'origine du candidat, et n'ajoutez pas de critère qui ne figure pas dans la grille : une appréciation sur un point non prévu ne peut pas être comparée d'un candidat à l'autre. Évitez aussi d'y glisser des noms de tiers : le texte des notes peut être repris par l'assistant (voir l'étape suivante).

5. Rattacher les faits aux critères, noter ou laisser « Non observé »

Une fois l'entretien terminé, relisez vos notes critère par critère. Dans Candidia, la note d'un critère va de 0 à 5 et peut s'accompagner d'un commentaire : citez-y les faits qui la justifient. Si l'entretien n'a pas permis d'observer un critère, ne notez pas d'office : laissez-le sans note, comme la proposition de l'assistant le signale par « Non observé » (critère observé ou non). Un blanc honnête vaut mieux qu'une note inventée.

Si vous le demandez, l'IA peut proposer un résumé de la phase ou une évaluation de la grille à partir des notes et des transcriptions : toutes les notes de la phase lui sont transmises sous la forme « Note n°1 », « Note n°2 », sans nom d'auteur, et le nom du candidat y est remplacé par « le candidat ». Des notes factuelles lui donnent une matière fiable, mais l'IA propose et le recruteur valide : rien n'est enregistré sans vous, et la note finale reste la vôtre.

Erreurs fréquentes

  • Écrire des impressions (« sympathique », « bon feeling ») au lieu de faits observables.
  • Mélanger fait et interprétation dans la même phrase.
  • Attendre le lendemain pour écrire ses notes.
  • Mentionner l'âge, la santé, la vie privée ou l'origine du candidat.
  • Noter un critère que l'entretien n'a pas permis d'observer.
  • Se laisser influencer par les notes d'un collègue avant d'avoir écrit les siennes.